10 février 2009
Celle que je ne serai jamais, celle que je suis
J'ai bien essayé, tenté et re-tenté mais je ne serai jamais celle :
- Qui se maquille tous les matins. Avec dans l'ordre : tonique, crème hydratante, fond de teint, poudre, FAP, crayon, mascara, gloss. Déjà, parce que je n'ai jamais acheté de fond de teint de ma vie (trop peur de me tromper sur la couleur et je fais pas confiance aux vendeuses Sephora). Ensuite, parce que le matin, je préfère prendre un bon petit déj' avec orange pressée et tartines. Enfin, parce qu'il faut coordonner son maquillage à sa tenue et que moi, ça me paraît déjà bien suffisant de coordonner ma tenue avec elle-même. Sans parler de celles qui se maquillent dans le RER !

- Qui porte des talons. J'ai fait des efforts quand même, car il y a deux ans, j'étais encore sur du plat vraiment plat. Aujourd'hui, je culmine jusqu'à 4 cm (ça fait peu, mais rajoutez mes 1 mètre 83 ! on fait moins la maligne, là hein ?!). Pourtant c'est tellement féminin ! Bon sang, mais comment font ces filles qui paraissent à l'aise avec du 7 cm. Est-ce qu'elles se sont entraînées de longues heures chez elles ? Est-ce que c'est inné ?

- Qui appelle sa mère tous les jours. Ma mère et moi, c'est une longue histoire. Et les 800 km qui nous séparent me vont très bien.

Par contre, je suis celle :
- Qui peut se lisser les cheveux tous les matins. Mon lisseur qui coûte un bras est bien plus que mon meilleur ami, il m'a changé la vie ! Le volume est dompté, les faux plis maîtrisés, la brillance révélée. Alors je suis bien capable de consacrer 10 minutes chaque jour à repasser ma crinière.

- Qui essaie de se constituer un dressing idéal. Une liste de ce que j'ai déjà, une liste de ce qu'il me manque, une liste d'idées de looks, un classeur remplie de pages de magazines déchirées ici et là. Et un compte sur Polyvore pour les infinies possibilités offertes par le virtuel. La penderie prend forme petit à petit (le truc bête, c'est que les pièces que j'aime depuis un moment commencent à s'user quand arrivent les nouvelles, je crois que c'est une quête sans fin... Ou alors, il fait gagner au loto et tout acheter d'un coup !).
- Qui fait à manger quand elle va voir sa mère. Elle est nulle en cuisine, a toujours répété que c'était pour elle une corvée. Ma philosophie étant que c'est une corvée à laquelle on ne peut échapper, autant y mettre un peu de plaisir. Du coup, je lui apprends.
- Qui est un pur produit d'école d'ingénieur alors qu'elle rêve d'être journaliste depuis toujours. Résultat : un blog.
10:57 Publié dans La femme qui est à l'intérieur de moi, Par Véro | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femme, féminité
29 janvier 2009
Les femmes, ma mère et moi
Petite, je croyais qu'être femme signifiait savoir marcher en talons, se maquiller avant de sortir, éviter les grossiéretés, assortir son sac à ses chaussures... Bref, l'archetype de la pin-up et de Sissi l'Impératrice. Et soyons francs, l'exemple le plus proche de moi, ma mère, était loin de ressembler à ce modèle.

Ma mère, c'est plus la superwoman des années 80, la chef de projet des années 90, celle qui bosse en tailleur, manage des hommes, se prend la tête en réunion et n'a pas le temps de se démaquiller le soir. Qui prend son rôle très à coeur et manage aussi son mari et ses enfants. Sa phrase fétiche était "ma fille, vis ta vie en restant toujours indépendante financièrement". Elle ne m'a appris ni à prendre soin de moi, ni à m'habiller, ni à lire les magazines féminins. Elle ne m'a pas préparé à devenir une femme, la preuve : quand j'ai eu mes premières règles, je lui ai caché pendant un an tellement je me sentais honteuse.
Lorsque je suis partie faire mes études, ma vision a pris de l'altitude et je me suis rendue compte que, bien qu'empruntant la même route qu'elle (je rentrais alors en école d'ingénieur), je ne voulais pas lui ressembler. Je voyais mon père pourtant plus souple qu'un roseau, à deux doigts de casser, et je me rappelais aussi combien ma soeur et moi la craignions quand nous étions petites. C'est bien simple, la moindre remarque du type "tu ressembles de plus en plus à ta mère" me faisait sortir de mes gonds. Cependant, l'avantage d'être à distance, c'est que je la voyais de moins en moins souvent, et que donc, son influence était de moins en moins forte. Mon champ de vision s'est alors élargi et j'ai enfin aperçu d'autres femmes, qui n'étaient pas calquées sur le même modèle. Des femmes qui restaient à la maison, des femmes qui faisaient tout pour leur mari, des femmes qui étaient plus mères que femmes...
Jusqu'au jour où je me suis enfin rendue compte qu'il existait un juste milieu. Une femme qui pouvait me convenir. Celle-là je l'ai rencontrée en entrant dans la vie professionnelle et en tombant amoureuse. En 2009, on peut être une femme libérée et indépendante financièrement sans renier sa douceur, sa famille et sa féminité. On peut avoir un métier à plein temps et garder du temps pour soi, son homme et ses enfants. On peut encadrer une équipe avec autorité mais sans la jouer cheftaine. On peut aimer la mode, les cosmétiques, le maquillage sans être superficielle. On peut passer du temps en cuisine, juste parce qu'on aime cuisiner. Aujourd'hui, c'est moi qui transmets tout ça à ma maman. La preuve, l'autre jour, alors que nous étions ensemble en train de préparer des macarons, elle m'a dit "tu es une mère pour moi".
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